Élodie Thomis : « L’équipe que je crains le plus ? La mienne...

Élodie Thomis : « L’équipe que je crains le plus ? La mienne ! »

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élodie thomis

Suite à #LaRencontre avec les Bleues, Élodie Thomis a répondu à nos questions au sujet de son club mais surtout de la Coupe du Monde 2015.

Après ce 9ème titre de championne de France reçu il y a peu, on imagine que ça va plutôt bien ? 9 titres, c’est énorme !

C’est extraordinaire ! Aucune équipe ne l’a fait en France déjà. C’est vraiment fantastique ce que l’Olympique lyonnais a pu faire cette année avec le doublé.

D’autant plus que cette saison l’OL a réalisé sa meilleure saison, penses-tu que l’arrivée de Gérard Prêcheur a permis à l’équipe d’évoluer encore ?

Il a amené un style différent en fait. C’est vrai que on a beaucoup travaillé sur ça, et je pense qu’on a surpris pas mal d’équipes cette année avec notre système de jeu, qui changera l’année prochaine j’imagine !

Je pense Gérard Prêcheur a une façon différente de Patrice Lair de gérer l’équipe. Peux-tu nous en dire un peu plus sur lui ?

Ce sont toutes les deux des personnes très exigeantes. C’est des mecs qui vivent le foot, ils essayent de te faire passer un message, ils te transmettent ce qu’ils ressentent. Gérard est plus dans la formation, il m’a appris le football, on le sent par moment qu’il est très formateur. Mais sinon en terme d’entraînement, de jeu, c’est la même chose.

Même si on ne se lasse jamais de gagner, n’arrives-tu pas à une sorte de « saturation », une envie d’autre chose, d’un nouveau défi ?

Bien sûr qu’on ne se lasse jamais de gagner, mais en France le défi c’est quoi ? De faire le triplé. C’est toujours la même chose, après je pense que c’est la même chose dans chaque pays. Le défi pour nous toutes, qui avons gagné pas mal de choses, ça serait d’aller chercher quelque chose avec l’Équipe de France.

Comment situes-tu le championnat français par rapport aux championnats étrangers (comme en Allemagne, aux USA ou en Suède par exemple) ? Le manque de concurrence entre le « big four » et le reste du championnat n’est-il pas quelque fois frustrant ?

Il progresse, les clubs maintenant mettent plus de moyens pour développer le foot féminin. C’est encore difficile, mais ça vient petit à petit, et je pense que si on fait un bon résultat à la Coupe du Monde, ça fera accélérer pas mal de choses.

Dans l’actualité également, la France a été choisie pour accueillir la Coupe du Monde 2019. Penses-tu que ça attirera un nouveau public pour le football féminin ?

Bien sûr ! Déjà avec les résultats qu’on fait avec l’Équipe de France, on est beaucoup plus suivies, quand on joue on remplit quand même des stades. Et je pense qu’une Coupe du Monde ça serait quelque chose d’énorme pour le foot féminin.

Quel est ton état d’esprit vis à vis de la Coupe du Monde de cet été ? Quelle est l’équipe que tu crains le plus ?

La mienne ! Si elle ne joue pas son jeu, ça va être très très chiant. Parce que, comme je disais, on a fait des résultats, on a prouvé qu’on était capables de se surpasser et de gagner contre de grosses équipes. Je pense que sur la Coupe du Monde c’est difficile parce que tout le monde se transcende mais il n’y a pas de raison que nous on ne se transcende pas. Je pense qu’on est une équipe à craindre aussi.

Élodie Thomis

© photo – www.fff.fr

Depuis que Philippe Bergeroo a été nommé sélectionneur, vous n’avez perdu qu’à 2 reprises face aux USA (en amical et en finale de l’Algarve Cup). Penses-tu qu’il est capable de vous apporter ce qu’il vous manque pour remporter un titre majeur ?

C’est une façon différente de coacher, un nouveau système. Et puis il y’a tout le travail que vous ne voyez pas qu’on fait autour, avec Fred le préparateur physique et le staff, qui font quelque chose de fantastique avec nous. On a intégré maintenant de la musculation, plus de physique. Le haut niveau maintenant c’est aussi le physique.

Le numéro 12, ça signifie quelque chose pour toi ou c’est juste le numéro qu’on t’a attribué à ton arrivée à l’OL (et en EDF aussi) ?

C’est la base, c’était mon joueur, c’est Henry ! J’ai commencé avec, j’ai toujours porté le numéro 12. Quand j’ai commencé le haut niveau, y’a… je ne sais pas combien d’années (rires), j’ai toujours eu le numéro 12. Aujourd’hui je peux le tatouer !

Quelle est la joueuse qui t’impressionne le plus à l’OL ?

Ada, elle a fait une grosse saison. Bon, il y a beaucoup de bonnes joueuses, on ne va pas se mentir ! Mais, de son jeune âge, elle a intégré facilement le style de jeu, le groupe. Elle a fait une saison fantastique !

Pour son arrivée, c’est « Wouaw ». Tout le monde s’est surpassé en plus, en terme d’effectif on n’était pas nombreuses, c’était difficile de gérer, on a eu beaucoup de blessures. Il y en avait une qui se blessait c’était 3 mois, et après il y en avait une autre qui se blessait, pour le coach ce n’était pas évident. Mais c’est vrai qu’Ada a fait une saison fantastique, c’est bien, c’est de bonne augure pour la prochaine saison.

As-tu un rituel d’avant match, une musique que tu écoutes, un petit cri de guerre ?

Ah non ! J’écoute beaucoup de dancehall, de zouk pour me réveiller, j’évite de mettre des musiques douces. Sinon je n’ai pas de rituel.

Quel est ton (ou tes) meilleur(s) souvenir(s) à l’OL et en bleue ?

À Lyon, ma première Ligue des Champions, à chaque fois ! Mais après on en a beaucoup, avec tous les titres qu’on a. J’ai 17 titres donc c’est énorme, mais celui-là restera marqué. Et en Équipe de France, c’est quand on s’est qualifiées contre l’Angleterre en quarts de finale en 2011, aux pénaltys, on n’était jamais arrivées aussi loin dans cette compétition, et c’était trop magique. C’est là que ça a commencé à booster le foot féminin aussi. C’était aussi l’année où on a été championnes d’Europe avec Lyon aussi.

En ce début de stage en bleue, l’heure est à la détente ou la pression s’installe déjà ?

Non c’est tranquille. Ça sert à rien de se mettre la pression, on travaille, on profite des potes : de Louisa Nécib, de Marina Makanza (rires). Non vraiment pour l’instant c’est détente.

Source image : www.fff.fr

Infographiste et devenue rédactrice en football féminin pour "Wallabet" l'été dernier, Marine rejoint l'équipe de Canada2015 pour apporter sa contribution et tenter de faire connaître un peu plus le football féminin.