Qui sont les fans de football féminin ?

Qui sont les fans de football féminin ?

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Qui sont les fans de football féminin ?

A moins d’un mois du début du mondial, nous avons voulu nous intéresser aux fans de ce football. Pour cela nous avons demandé à deux journalistes sportifs : Thomas Mekhiche et Syane Dalmat ainsi qu’à Jérémy, un supporter qui suit assidûment le football féminin, de répondre à quelques unes de nos questions.

Tout d’abord, une petite présentation s’impose :

Syanie est journaliste chez l’Équipe et footballeuse. C’est tout naturellement qu’elle s’est intéressée au football féminin de haut niveau, et a commencé à suivre le parcours des Bleues et la Divison 1 en 2007.

Syanie

Jérémy est passionné de foot depuis l’époque où David Ginola foulait encore les terrains de football. Il s’est intéressé au football féminin un peu par hasard il y a 8 ans, lorsque des matchs étaient diffusés l’après-midi sur Direct 8. Toute sa famille s’est prise de passion pour le foot féminin et notamment sa fille, fan inconditionnel de la joueuse de Juvisy, Gaëtanne Thiney.

Thomas est journaliste et chroniqueur dans l’Équipe du Matin Weekend (L’Équipe 21), Femmes de foot (Eurosport), ainsi qu’à la radio chez RMC. Il s’est intéressé au football féminin en 2011 lorsqu’il avait suivi la préparation à la Coupe du Monde à Clairefontaine. En tant que grand passionné de football, il s’est naturellement dirigé vers les féminines. Il constate qu’il une vraie professionnalisation au sein des clubs qui rend la discipline bien plus attractive.

Thomas Mekhiche

D’après vous, quel est le profil des fans de foot féminin? Y a t’il plus de supportrices que de supporteurs?

Syanie : Je crois que les supporters de foot féminin sont souvent des filles. Il y a beaucoup d’enfants aussi qui viennent au stade. Il y a des hommes également même si beaucoup sont encore réticents à l’idée d’aller voir du foot féminin.

Thomas : Pour moi, il n’y a pas de profil type, et il y a surtout autant d’hommes que de femmes. Avec Eurosport, nous avons eu l’occasion de nous déplacer sur pas mal de pelouse, événements, et c’est très mixte. Il n’y a pas de fans de foot masculin/féminin, simplement des passionnés de ballon. Et plus les filles seront médiatisées, plus l’engouement sera profond.

Jérémy : En octobre 2012, lorsque j’ai appris qu’un match de l’EDF Féminines se déroulait à Charlety, nous avons pris des billets pour France Angleterre (2-2) (nous habitons entre Paris et Orléans à la limite de l’île de France) et nous sommes aller en famille voir ce match. C’est ça le profil du public, il est familial. Il n’y a pas plus d’hommes que de femmes. Ce sont des foyers qui viennent au stade. De part l’ambiance et l’accessibilité des protagonistes et aussi par le budget des places!

Avez-vous déjà eu l’occasion d’assister à un match de D1 Féminine ou de l’équipe de France? Pouvez-vous nous décrire l’ambiance?

Thomas : J’ai assisté à de nombreuses rencontres et c’est un vrai plaisir. Avec Eurosport et Femmes 2 Foot, nous étions à Charlety pour la demi-finale retour de Ligue des Champions du PSG face à Wolfsburg. C’était énorme, beaucoup de tension sur la fin, un niveau de jeu très élevé et en termes d’émotions, nous étions tous servis !

En général, l’ambiance est très festive même si on ne va pas se mentir, il y a certains matchs ou le public n’est pas très présent.

Syanie : Les deux ambiances sont assez différentes. L’équipe de France fait systématiquement le plein quand elle joue. Pour les matches de Championnat, c’est différent. Même le choc entre l’OL et Paris ne remplit pas encore un stade. En tout cas, l’ambiance est souvent bon enfant, agréable, saine quand les filles jouent. C’est rare que les joueuses adverses se fassent siffler. Dans des clubs comme Paris et Lyon, les supporters entonnent même les chants qu’ils utilisent pour les garçons.

Jérémy : Notre second match à été la demi finale de ligue des champions entre Juvisy et Lyon. Là encore une sortie en famille à 7 ou 8 personnes. Les enfants sont toujours à la quête d’autographes. En allant voir un match masculin c’est mission impossible. Ils sont hyper déçus. Mais ce jour là, les petits ont récoltés la signature de Lara DICKENMAN. Et juste avant que nous quittions la tribune, Gaëtane THINEY s’est approchée pour donnée des signatures aux enfants. Nous étions une dizaine de personnes, et là elle a demandé avec insistance à ouvrir la tribune et nous a rejoins. Le bonheur pour les enfants. Autographes et photos avec elle qui a spontanément pris ma fille dans ses bras qui était la plus petite. Ambiance chaleureuse et familiale, proximité des acteurs. Ce sont quelques unes des qualités qui décrivent le mieux l’ambiance du Foot Féminin.

La coupe du monde commence dans moins d’un mois, pensez-vous que les Bleues ont trouvé leur public?

Jérémy : Le public augmente d’années en années grâce à la médiatisation qui progresse, mais il manque un titre majeur à cette équipe pour marquer beaucoup d’esprit et toucher une tranche supplémentaire.

Syanie : Oui je pense qu’elles l’ont trouvé. Après elles peuvent encore aller chercher des sceptiques. Pour cela il faudra faire un parcours remarquable au Canada. Ce n’est qu’aux prix d’excellents résultats sportifs qu’elles parviendront définitivement à conquérir le public.

Thomas : Les Bleues ont trouvé leur public depuis bien longtemps ! Et il ne cessera d’augmenter à mesure qu’elles seront mises en avant. Il n’y a pas 36 solutions, pour que le public soit au rendez-vous, il lui faut de la matière.

Eurosport l’a bien compris et croyez-moi, à chaque événement proposé par la chaîne, le public est au rendez-vous.

Que répondriez-vous aux détracteurs du football féminin? 

Thomas : Pas grand chose. Il y a des détracteurs partout, aussi bien chez les garçons que chez les filles. C’est un petit peu un sport national de critiquer, dénigrer… Personnellement, je n’attache pas d’importance à tout cela. Nous savons pourquoi nous sommes là, et ça marche.

Syanie : Allez voir un match, discuter avec les filles. Donnez-leur une chance de prouver qu’elles méritent l’attention et le respect. Et surtout, ne les comparez pas aux garçons, cela n’a pas de sens.

Jérémy : A ceux là, je leur demande s’ils ont déjà regardés plus d’un match et en entier. Et qu’il fasse l’effort d’aller au stade les voir dépenser leur énergie pendant 90 minutes et rester disponible après la rencontre, pour les supporteurs. (La collection de trentaine de photos dédicacées de ma fille peut en attester)

Que pensez vous de la couverture médiatique de la coupe du monde?

Syanie : Pour le moment c’est intéressant. On sent que les médias sont prêts à s’enflammer. Maintenant, comme je le disais précédemment, plus les joueuses gagneront, plus les médias seront présents. Tout dépend d’elle. Au mois de mars, j’étais à Clairefontaine pour la présentation du trophée de la Coupe du monde et il y avait un monde fou ! Les journalistes avaient répondu présents, c’est un bon signe.

Pour finir, quelle est votre joueuse préférée parmi les 23 sélectionnées par Philippe Bergeroo?

Jérémy : Mon épouse est membre bénévole pour la sécurité des vestiaires à Juvisy. Nous avons donc l’habitude de côtoyer Gaëtane Thiney, Céline Deville et Anaig Butel pour ne citer que ces 3 internationales. Nous avons aussi un contact régulier avec Laure BOULLEAU. Nous apprécions beaucoup Jessica Houara-D’hommeaux que nous rencontrons souvent à l’issue des matchs du PSG et qui est adorable avec nos filles.

Néanmoins, la numéro 1 dans notre coeur reste Gaëtane Thiney. C’est elle le coup de coeur de ma fille, c’est elle qui lui à offert son maillot de Ligue des champions. C’est aussi une femme extraordinaire dans la vie de tous les jours.

Thomas : C’est dur de faire un choix, il y a beaucoup de joueuses que j’apprécie. Je vais vous en citer deux, juste pour vous énerver. J’aime beaucoup Sabrina Delannoy et Jessica Houara d’Hommeaux. Sabrina pour sa fidélité au PSG et sa sympathie, et Jessica car c’est une battante qui ne lâche rien, elle m’impressionne.

Syanie : Je n’ai pas de joueuse préférée. En revanche, je trouve qu’on un groupe équilibré, cohérent qui est sans doute arrivé à maturité. Il faut qu’elles aient confiance et qu’elles se donnent les moyens de monter sur le podium. Elles peuvent le faire : il faut juste dépasser ses complexes face aux grandes nations choses que l’équipe de France a parfaitement fait lors des matches amicaux. Maintenant, il faudra le faire en compétition.

De très beaux témoignages qui, nous en sommes sures, vous donneront envie à vous aussi de suivre et supporter l’Équipe de France lors de la coupe du monde.

Thomas, Syanie et Jérémy, merci de nous avoir consacré un peu de votre temps.

Passionnée de sport et fan de football depuis 17 ans.